Le marché du livre numérique a crû de 13% en 2016 (Gfk)

Le site IDBOOX rapporte les chiffres dévoilés par l’institut Gfk et il apparait deux informations importantes : d’une part, le  livre numérique croît de 13% en volume de titres vendus et de 12% en chiffre d’affaires ; d’autre part, Elizabeth Sutton, l’auteure du site, analyse désormais l’apport du numérique comme une activité de compensation, texto : « C’est le livre numérique qui garantit la stabilité du marché. » C’est-à-dire que l’apport du marché numérique permet au marché du livre de rester dans le vert. Sans le numérique, l’activité papier seule aurait été en baisse de 1,2%.

Dans la mesure où IDBOOX se concentre sur la relation du livre au numérique, cette lecture est par définition orientée. Pour prouver que le numérique est devenu une sorte de variable d’ajustement du marché, il faudrait aussi préciser ce qui tire vers le bas le papier, où les performances du marché papier sont négatives et démontrer comment les effets du numérique contre-balancent cette tendance baissière, si toutefois c’est réellement le cas. Si on annonce que le numérique stabilise le marché, cela revient à dire qu’on le place en fin de chaîne si on met sur une balance d’un côté ce qui tire le marché et de l’autre côté ce qui le fait baisser. La position du numérique en bout le désigne comme celui qui maintient le marché, mais ne pourrait-on pas dire cela aussi d’un autre secteur ? Si la littérature jeunesse sur-performe, pourquoi ce ne serait pas elle qui maintient le marché à flot par exemple ?

Si on se creuse la tête on voit bien sûr que ma démonstration ne tient pas (on compare un mode de lecture avec un segment, c’est idiot), elle est, comme l’analyse de Mme Sutton, révélatrice d’une manière de penser le numérique en regard du papier, qui est à mon sens non pertinente. En disant que « le numérique garantit la stabilité du marché« , on confond mode de lecture et consommation. Or, ce qui tire un marché de contenus comme celui de l’édition c’est la qualité des contenus, le désir des consommateurs de lire davantage et varié, et sur ce point il y a une grande matière à se réjouir, comme l’indique par exemple un article du Figaro reprenant le dernier baromètre CNL, qu’il est intéressant de mettre en écho du dernier Baromètre Sofia/SNE/SGDL révélé lors du dernier Salon du Livre.

Ce que nous dit l’étude Gfk finalement, c’est que l’hybridation des modes de consommation est une force positive dans le rapport des lecteurs à la lecture de livres, que lire en numérique ne phagocyte pas le papier ou tout du moins que s’il y a un effet de balance cela reste bénéfique globalement au marché. Ce bénéfice ne se quantifie pas en terme de qualité (je me garderai de dire si ce qui est majoritairement lu le mérite, évidemment) mais en revanche, en partant du présupposé fondamental que lire ouvre les esprits et aide à une meilleure formation de la pensée, notamment critique, il y a là sans conteste matière à se réjouir.

Accessoirement, pour conclure, ces chiffres abondent le retour d’expérience observée dans mes fonctions chez un éditeur majeur de la place, loin, donc, du déclinisme annoncé d’un marché du numérique atone.

Qu’en pensez-vous ?

Sébastien

copyright image : “Last day to book for W Hotel Doha’s Sultan tent for tonight’s Iftar! Make sure to try the food from the Italian food section” by Debbie Tingzon is licensed under CC BY 2.0 
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