Découvrez le premier chapitre d’Anastème Révolution

J’ai le plaisir de vous faire découvrir le premier chapitre d’Anastème – Révolution, première étape d’une saga que je concocte depuis un bon moment. Je suis en train de régler la meilleure manière de le diffuser, en premier lieu trouver le meilleur cadre de prépublication, mais si vous voulez exprimer un avis (comme « génial, on veut la suite » ou « rhooo, ça fait déjà vu mille fois ») je suis à votre écoute en commentaires.

Bientôt je dévoilerai son plan de développement, bel exercice pratique pour illustrer ce que White Dragon sait faire.

Ceci est le premier chapitre du roman.

13 juillet – Venus & Baltimore Lumen

Venus ne comprenait pas comment ils avaient fait pour les retrouver aussi vite alors qu’elle avait bien jeté ce satané portable deux jours auparavant. La colère de Baltimore la faisait encore trembler, ce qui amusait au moins Penelope qui, dans sa fièvre, n’avait guère d’occasion de se distraire.

Ils étaient passés dans trois appartements inoccupés avant de s’installer dans celui-là, avec sa magnifique baie vitrée qui donnait sur une terrasse spacieuse. Comme leur avait enseigné Balty, les seules lumières qu’ils pouvaient utiliser étaient celles des pièces les plus reculées, afin de ne pas éveiller de soupçon sur son occupation illégale. Ils s’étaient enfermés tour à tour dans les toilettes et avaient pris une douche – Penny avait eu l’assistance de Venus car elle tenait à peine debout et s’épuisait rapidement. La vue de ses côtes bleuies des suites de leur accident l’alarma. Ses connaissances médicales très faibles ne lui permettaient pas de mesurer ce qu’elle risquait et cette ignorance la paralysait. Baltimore avait administré des antidouleurs d’adulte et depuis Penny somnolait mais ne se plaignait plus.

L’appartement était situé tout en haut d’une de ces tours modernes, nid confortable et secret que les richissimes propriétaires investissaient seulement pour les fêtes. La ville s’étendait sous leurs yeux. Les milliers de fenêtres éclairées dans les façades sombres des immeubles donnaient une fausse impression de sérénité.

Impression que les petits yeux rouge et bleu d’un drone venaient de briser.

A l’affut, Baltimore l’avait vite repéré et avait sonné l’alarme.

Le drone était descendu du ciel noir et planait comme un rapace menaçant à la hauteur des toits. Il ressemblait à une raie Manta anthracite avec ses ailes furtives et les bosses de son fuselage qui dissimulaient capteurs ou missiles. Ses propulseurs étaient enchâssés autour de petits clapets d’orientation qui permettaient le vol stationnaire. Il devait certainement scanner les étages vides à la recherche de mouvements ou de signatures thermiques.

Baltimore imaginait très bien ses pilotes dans leur petite cabine climatisée avec leurs casques aveugles d’où sortaient des câbles gris, les corps fondus dans leurs fauteuils high-tech et les mains accrochées à leurs joysticks bardés de boutons. Avaient-ils repérés quelque chose ? Impossible de savoir malgré leurs précautions. Le danger était trop proche pour Baltimore et son sang bouillait de rage contre ces machines qui les traquaient sans relâche.

Il s’allongea à côté de sa sœur et de Pénélope endormie sur le front de laquelle un gant froid et humide était posé. Dans la pénombre, Vénus ne voyait que la forme du visage de son frère avec sur le crâne ses pics pétrifiés par le gel qu’en d’autres circonstances elle aurait moqués.

Baltimore leur exposa la situation d’une voix égale. Il demanda qu’elles ne bougent pas même si elles entendaient quelque chose, Venus devait veiller sur Penelope et attendre son retour. Sa sœur voulut lui crier de ne pas y aller, de rester, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Au lieu de quoi, elle inclina la tête pour marquer son obéissance et s’assura que le coussin sous la tête de Pénélope ne glissât pas. Elle bloqua sa respiration quand elle sentit les vibrations émises par le drone parcourir le sol, péril imminent et inéluctable. Elle regarda alors la silhouette de Baltimore se faufiler vers la baie vitrée en se cachant derrière le luxueux mobilier.

Baltimore ferma la fermeture éclair de sa combinaison noire réfrigérante et ajusta son masque teinté sur ses yeux. Il s’assura que les lanceurs à ses poignets étaient bien accrochés, ses poches remplies de leurs charges. Puis il prit sa respiration et au moment où le drone effectuait un demi-tour, ouvrit en grand la porte vitrée de la baie et s’élança.

Il avait parfaitement conscience que le drone avait une capacité de réaction nettement supérieure à lui, mais il savait aussi que ses pilotes étaient des hommes et qu’ils étaient loin d’être familiers avec l’agilité et la malignité d’un enfant d’Anastème. Le vent, moyen, venait de l’est, c’est-à-dire qu’il caressait de biais la façade d’où il avait surgi. Son corps intégra naturellement cette donnée. Il tira son premier leurre au dessus de l’appartement.

Une forme humanoïde phosphorescente se dessina sur le mur de verre et le nez du drone se redressa aussitôt. Baltimore entendit très nettement le déclenchement d’un armement dont il redoutait de connaître la nature.

Le drone ne tira pas tout de suite. Il se maintint quelques longues secondes devant la forme, temps que Baltimore mit à profit pour se glisser à un mètre sous la masse oblongue de l’engin et décocher de chacun de ses poignets deux billes qui éclatèrent avec une belle synchronisation sur les capteurs du drone. Il fila sans attendre à couvert derrière un des angles de l’immeuble. Il entendit dans son dos la décharge électrique qui frappa son leurre dans un craquement lugubre. Soudain partiellement aveuglé, l’appareil tourna ensuite sur lui-même et Baltimore retint à grande peine la sauvage envie de l’attaquer de manière frontale.

La colère et le désir de vengeance pouvaient le rendre imprudent, mais ce fut une autre nécessité, plus vitale, qui l’obligea à bouger.

Venus flottait devant la baie et venait de hurler son nom. La décharge l’avait terrifiée au point qu’elle avait oublié toute prudence et s’était précipitée au dehors. Le drone la repéra aussitôt grâce à ses autres capteurs et se tourna vers elle.

Baltimore cria un « Non ! » de rage et envoya une fléchette explosive dans la queue du drone. L’explosion le souleva dans un fracas et dévia le rayon électrique destiné à Venus qui alla se perdre dans le vide. Celle-ci s’était déjà recroquevillée sur elle-même, cible offerte et consentante.

Elle vit alors son frère qui fonçait vers le drone, les jambes croisées, les bras tendus en arrière pour frapper. Elle entendit son cri de guerre et vit la pointe d’acier qui prolongeait son poing s’enfoncer dans la carapace de métal de la machine. Son système d’auto-défense s’enclencha aussitôt et Baltimore reçut une décharge de plusieurs milliers de volts. Heureusement, les microbilles corrosives contenues dans sa pointe eurent le temps de se propager via la petite plaie causée par son attaque.

Le drone resta quelques instants immobile. Il tressauta ensuite sous l’effet de l’acide surpuissant qui ravageait ses entrailles. Baltimore aurait adoré assister à ce spectacle d’un drone agonisant sous l’effet de son attaque, mais au lieu de ça, les muscles tétanisés, le corps raide et l’esprit en lambeaux, il bascula en arrière, tout pouvoir éteint, et chuta.

Indifférente à l’état du drone, Venus plongea à la suite de son frère. Son vol d’ordinaire mal assuré était cette fois fluide et rapide, il ne faisait qu’un avec sa détermination. Elle attrapa Baltimore comme un rugbyman un adversaire, et la soudaine charge sur son corps les entraîna tous deux dangereusement vers le sol. Sa force intérieure crût et feula dans sa tête comme un moteur en surcharge mais elle teint bon et freina sensiblement la chute. Son frère glissait cependant à cause de sa prise approximative. Avec une torsion qui lui vrilla les reins, elle l’épaula comme un énorme sac. Le mouvement les rabattit contre toute attente vers la façade de l’immeuble.

Ils chutèrent avec lourdeur sur les fauteuils en tissu d’une terrasse et rebondirent dans un boum sourd contre la porte vitrée de l’appartement en tout point identique à celui qu’ils squattaient. Les résidents derrière la vitre se précipitèrent après avoir crié quelque chose que Venus ne comprit pas. Elle était empêtrée sous une toile déchirée avec son frère inconscient avachi sur elle.

Le sifflement du drone qui les suivait dans leur chute agit sur ses poils comme un courant électrique. Elle vit les flammes qui s’échappaient de son dos se refléter dans la baie vitrée de l’appartement.

Venus souffla un « Merde » que ses parents auraient désapprouvé et serra les poings.

 

A suivre ici ou ailleurs…

Sébastien

 

 

 

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